CultureDuCoeur_BenjaminBaixeras

(Photo : Benjamin Baixeras)

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Culture du cœur : la marginalité dans les médias »

Animé par Édouard Zambeaux, journaliste quartier populaire et questions sociales, auteur de film et de documentaire ; avec Serge Gasselin, témoin du quotidien ; Filipe Marques, animation sociale et éducation aux médias ; Bruno Morel, directeur général Emmaüs ; Emilie Salvat, docteur en sociologie.

LES ENJEUX

Cet atelier est une co-construction entre les Assises du Journalisme et le Réseau du cœur d’Indre-et-Loire, qui tourne autour de la question des marginalités. L’objectif est d’essayer de mettre au centre du débat les principaux intéressés et de contrer, ou de comprendre, l’effet miroir que les journalistes renvoient aux « invisibles », ou aux « oubliés de l’information ». « Le chômeur quand il n’est pas un assisté, il est présenté comme un paresseux » témoigne Pauline, chômeuse de longue durée.

CE QU’ILS ONT DIT

Serge : « J’étais un citoyen normalisé, quand ma vie a basculé à quarante ans. L’entreprise a fermé… L’alcool est ce que je croyais être une amie. J’ai pris mon sac dos, j’ai fuis. Plus de papiers, plus de sécurité, bref je suis devenu SDF. »

Bruno Morel : « “Allô, Emmaüs ? On a besoin d’une personne afghane, sans le voile, avec des beaux yeux, qui travaille au Monoprix!” Pour réaliser un entretien, il faut sensibiliser les personnes, mobiliser les équipes. Pas de pause : c’est pour le JT du soir. Parfois, vous passez l’après-midi avec nous, mais le soir vous ne reprenez qu’une phrase. »

Corinne : « Addicte, ex-toxico, ex-SDF, la colère me monte quand on me réduit qu’à ça. J’ai arrêté d’écouter une certaine presse qui me fait sentir exclue. Je sélectionne les médias et les infos et je me documente. Les ressources cultures font parties des remèdes qui soignent. »

Émilie Salvat : « Certaines représentations sociales construisent des amalgames, qui vont aborder les individus seulement sous un angle. Ces représentations sont historiques. »

À RETENIR

Chacun est d’accord pour affirmer que les titres de presse dénigrent les personnes marginalisées, et rendent les individus « responsables » de leur état. « Jamais personne ne me demande en sortant de Pôle Emploi comment je vais, confie Pauline. J’ai l’impression que, si un jour je m’immole dans l’agence de Pôle Emploi, les journalistes viendront. C’est dommage d’en arriver là. »

Perrine BASSET