BFMTV, LCI et Franceinfo… Des sœurs jumelles, vraiment ?

Les chaînes d’information en continu sont au cœur de la tourmente. Dès les prémices du mouvement des Gilets jaunes en novembre 2018, la défiance affichée par une partie des Français contre les médias et en particulier les chaînes d’info en continu n’a fait qu’augmenter. Nulle n’est épargnée, de BFMTV à LCI en passant par Franceinfo. Ces chaînes sont-elles toutes les mêmes ? Nous avons visionné trois chaînes en simultané le jeudi 7 mars à 14 heures puis à 18 heures, pendant une heure à chaque fois. Si le contenu se ressemble, la façon de raconter l’information est, elle, différente selon les chaînes.

BFMTV, « priorité au direct »

Contrairement à ses trois concurrents diffusant au même moment le dixième débat d’Emmanuel Macron à Gréoux-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence, BFMTV reste sur l’information en continu avec comme sujet phare la démission du cardinal Barbarin. « C’est un choix totalement assumé. Cela fait écho à notre volonté de donner la priorité au direct et à l’information à nos téléspectateurs », explique Laurent Drezner, secrétaire général de la rédaction de la chaîne. Au fil de ses éditions de flashs infos, BFMTV joint l’analyse au factuel, à grand renfort de chroniqueurs, à l’image du journaliste Nicolas Prissette, revenu à trois reprises pour décrypter l’annonce de la démission du cardinal.

LCI, gare au duplex

Si les sujets abordés dans ses JT diffèrent peu de ceux du leader d’audience BFMTV, LCI se démarque par ses duplex. Au risque de tourner en rond, comme le confirme Julien Garrel, journaliste pigiste sur la chaîne. « Pendant les matinées des premiers samedis de mobilisation des Gilets jaunes, nous faisions des “duplex teasing”, qui ne servent finalement qu’à introduire ce qui allait se passer l’après-midi. » Un procédé sans valeur ajoutée que la chaîne du groupe TF1 a rapidement abandonné ensuite.

Franceinfo, la différence

Sur Franceinfo, à la fois la forme et le contenu diffèrent de ceux de BFMTV et de LCI. La chaîne publique lancée en 2016 met l’accent sur l’explication par un journaliste, souvent en images, sur le plateau plutôt que de multiplier les interventions sur le terrain. Même les flashs infos s’articulent différemment. Leur longueur, une demi-heure pour Franceinfo, quinze minutes pour les deux autres, change la hiérarchie de l’information et le choix des sujets. À défaut d’être rapide, Franceinfo s’octroie la liberté de proposer des sujets un peu plus longs et de contenus plus divertissants comme la séquence « VU » (similaire à l’ancien « Zapping » de Canal+), impensables dans le quart d’heure de BFMTV. Le paysage de l’information en continu ne serait donc pas aussi uniforme que certains pourraient le penser. Si BFMTV et LCI présentes des similitudes, Franceinfo propose un regard et un rythme différents. Pourquoi alors ces chaînes sont-elles autant critiquées ? « Peut-être pour la simple raison qu’elles n’ont jamais été autant regardées », conclut Laurent Drezner.

Benjamin Baixeras et Louis Boulay

La jeunesse africaine en faveur d’un « renouvellement des médias »

Les jeunes de l’ONG Enactus sont aux Assises, dans le cadre d’un partenariat.

A l’occasion de la conférence “comment les médias peuvent-ils encore séduire les jeunes ?”, nous avons demandé à des étudiants présents aux Assises, ce qu’ils pensent du paysage médiatique traditionnel, et ce qu’ils en attendent à l’avenir.

La jeunesse prend le pouvoir dans le paysage médiatique. C’est le cas du côté du site internet StreetPress, où la moyenne d’âge de la rédaction s’élève à 26 ans. Crée en 2009, le média français a su faire son trou, avec un adage : « on écrit les articles et on réalise les documentaires que l’on a envie de lire », comme l’explique Johan Weisz-Myara, journaliste de Streetpress. De l’autre côté de la Méditerranée, les initiatives se multiplient également. Mantchini Traoré, jeune malienne, est à l’origine de l’émission « Instant Thé », diffusée sur la télévision publique nationale. Et la productrice compte bien modifier le paysage médiatique traditionnel : « demandez aux jeunes ce qu’ils veulent, allez auprès d’eux, vous verrez ! » Cela tombe bien, c’est la question que nous sommes allés poser à six jeunes de 15 à 25 ans, tous présents aux Assises.

Aïcha Khoufi (Bénévole à l’ONG Enactus, 20 ans) : « Peut-être qu’il faudrait changer les sujets, qu’on parle moins de politique par exemple. »

Takwa Ben Halima (Membre du 25-21 Project, 18 ans) : « Honnêtement, je suis un peu désespérée de nos médias… En Tunisie, on ne trouve que les vraies informations sur Facebook. Nos chaînes nationales diffusent des mensonges, tout est caché. »

Henri Dumont (Bénévole à l’ONG Enactus, 25 ans) : « S’informer via la télévision c’est dépassé. Il faudrait une application mobile qui envoie des notifications en fonction de préférences qu’on aurait donné auparavant. »

Dorra Moalla (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : « À la télévision, on ne trouve que des sujets politiques, des crises, ce qui est négatif… Sur internet on peut trouver des opportunités, des choses qui pourront être utiles à tout le monde. Il faudrait que les médias parlent plus de ce qui touche les jeunes. »

Ismaël Damak (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : « Je pense qu’il faut cibler les jeunes. La télévision n’a pas évolué, elle ne touche plus les jeunes. Maintenant, ils sont touchés par les réseaux sociaux. »

Farès Amri (Bénévole à l’ONG Enactus, 23 ans) : « Il faut travailler sur les sujets qui intéressent les jeunes : la musique ou les blogueurs par exemple. En Tunisie, la politique c’est quelque chose de fou. C’est quelque chose d’impossible à comprendre, on ne peut pas en discuter. C’est réservé aux présidents, aux ministres… À ceux qui s’intéressent à la politique. »

Elise Pontoizeau

[LE RÉSUMÉ] « Les beaux jours de la télévision »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Les beaux jours de la télévision ».

Bolloré a fait parler de lui pendant la conférence. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Albéric de Gouville, rédacteur en chef de France 24, avec Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, journalistes à Les Jours et auteurs de Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+ aux éditions du Seuil et Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte et auteur de Télévisions aux éditions Grasset.

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[LE RÉSUMÉ] « La télévision dans dix ans »

Retrouvez l’essentiel de la conférence  « La télévision dans dix ans ».

La télévision est en train d’évoluer avec la technologie. Photo : Martin Esposito

 

Animé par Albéric de Gouville, rédacteur en chef France 24. Avec Alexandre Michelin, directeur général de Spicee, Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte, Eric Scherer, directeur de la prospective de France Télévisions et Camille Mordiconi, TF1.

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50 ans de journalisme : quels changements ?

Sur le papier, sur les ondes ou sur le petit écran… En quatre décennies, de nouvelles technologies sont arrivées dans nos habitations et ont changé les méthodes de travail des journalistes. D’anciennes techniques ont été abandonnées pour laisser place à des outils toujours plus performants. Et des bouleversements économiques et institutionnels ont, parfois, perturbé les rédactions. Ces évolutions ont été choisies et classées de manière non-exhaustive.

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