Les journalistes utilisent de plus en plus les nouvelles technologies. A limage de Matthew Waite, journaliste à la Deutsche Welle, avec son drone. Crédit : DW/K. Danetzki.

Depuis l’émergence d’Internet, les moyens de s’informer ont considérablement évolué, rendant l’accès à l’actualité presque universel. Cela contraint les journalistes à s’adapter pour suivre le mouvement, au point de rendre les nouvelles technologies indispensables. Présentation de cinq outils qui feront le journalisme de demain.

“Plus rapide, plus précis et plus fun“. Telle est aujourd’hui la mission du journaliste, selon Eric Scherer, chargé de la stratégie numérique à France Télévisions. Une mission rendue possible par le développement de la technologie, qui accompagne celui d’internet et permet de coller aux attentes des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Depuis le début de la décennie, drones, réalité virtuelle et écran tactile renvoient peu à peu le bloc-notes et le stylo au placard. Présentation de cinq outils aujourd’hui incontournables pour les journalistes.

Les drones, outils très prisés par les rédactions

Ces objets volants gagnent en reconnaissance depuis le milieu des années 2010. Loin des gros modèles utilisés par les armées, le grand public a depuis quelques années la possibilité d’utiliser des drones presque tous dotées de caméras. Les rédactions, en particulier télévisuelles, en font de plus en plus l’acquisition pour varier les plans et avoir un autre angle de vue lors de reportages vidéos. Dans les cas où une barrière est difficile à franchir (près des zones de guerre par exemple), le drone devient alors une véritable solution de secours, limitant le danger pour le journaliste.

Points positifs :

  • Coût réduit (moins de 1 000 euros pour un drone filmant en très haute résolution)
  • Outil pratique, transportable dans une simple valisette et utilisable avec un smartphone
  • Vraie plus-value en terme d’image, grâce à des plans aériens

Points négatifs :

  • Possibilité de hacker les drones, pouvant ainsi mettre en danger les journalistes qui l’utilisent
  • Législation très stricte en France, contraignant son utilisation

Les écrans tactiles, pour décrypter visuellement l’actualité

On ne parle pas de tablette, encore moins de smartphones, mais de grands écrans tactiles, de la taille d’une télévision. Ces outils XXL, peu disponibles pour le grand public, sont souvent utilisés par France 2. Mais, dans l’ensemble, rares sont les chaînes à avoir fait l’acquisition de tels objets qui permettent de décrypter l’actualité en rendant plus visuelles certaines informations. Comme l’analyse des cartes, lors de l’élection présidentielle de 2017 en France.

Point positif :

  •  Permet d’interagir avec des informations brutes (fond de carte)

Point négatif :

  • Prix encore très élevé

La caméra à 360°, un objet encore expérimental

Oubliez les caméras basiques, voici venu le temps des caméras 360°. L’usage de ces outils s’est démocratisé depuis que Facebook a lancé une fonctionnalité 360°. Rapidement, les journalistes ont suivi le mouvement, même si l’usage de cette caméra reste quasi-uniquement pour des publications web.

“La caméra à 360° permet de confronter les points de vue en direct : dans le cadre d’une manifestation, on peut ainsi voir les policiers et les manifestants sur un même plan, et potentiellement déterminer qui sont les premiers à lancer une offensive“, rappelle Eric Scherer. Toutefois, comme il l’a rappelé, l’utilisation de cet outil dans l’Hexagone reste “plus expérimentale qu’autre chose“… Pour le moment ?

Points positifs :

  • Prix peu conséquent pour une rédaction (moins de 400 euros en règle générale)
  • Possibilité de confronter deux camps en un seul point de vue

Points négatifs :

  • Très compliqué de diffuser des plans de caméra 360° à la télévision.
  • Il est conseillé d’avoir un casque de réalité virtuelle pour profiter au mieux de l’expérience 360°

La réalité virtuelle, idéale pour des reportages en immersion

De plus en plus utilisée au cinéma et dans les jeux vidéos, la réalité virtuelle fait son apparition dans le monde de l’information. Utilisable grâce à un casque dédié, son usage reste peu répandu dans les foyers, la faute à un coût élevé du matériel pour le grand public.

Pour les journalistes, cela permet de réaliser des reportages en immersion au cœur d’un événement, avec, pour le téléspectateur, l’impression d’être au cœur de l’événement. Récemment, France Télévisions a utilisé la réalité virtuelle à des fins pédagogiques, proposant au grand public d’être acteur du journal de 20 heures.

Points positifs :

  • Rend les reportages encore plus vivants
  • Permet au spectateur de mieux comprendre l’information, en le plongeant au cœur de celle-ci

Points négatifs :

  • L’usage de casques de réalité virtuelle reste peu démocratisé, la faute à un prix important
  • Réaliser un reportage en réalité virtuelle oblige les journalistes à se doter de caméras à 360°

La réalité augmentée, pour amener le spectateur au coeur de l’événement

Son usage fait fureur dans les grandes chaînes de télévision américaines, et commence à faire son apparition en France. Elle permet de mettre en scène l’information, en donnant l’impression que le journaliste est au cœur de l’événement.

Ce sont surtout les présentateurs météo qui l’utilisent. Dans le cas de cyclones par exemple, des plans de tempête sont projetés sur les fonds verts qui entourent le présentateur, donnant l’impression qu’il est au cœur de l’événement. Cela permet au téléspectateur de mieux contextualiser une information brute.

Points positifs :

  • Le téléspectateur n’a pas de matériel à acheter pour profiter de l’expérience
  • Information contextualisée plus facilement

Points négatifs :

  • Usage encore trop restreint à la météo

Hugo Girard