Retrouvez l’essentiel de l’événement « Météo et Climat : Les présentateurs météo en première ligne »,en partenariat avec Radio France.

(Photo : Irène Prigent/EPJT)

Animé par Laetitia Gayet, le débat a réuni Evelyne Dhéliat, présentatrice météo sur TF1 ; Ilyes Ghouil, créateur de la Météo Franc-Comtoise ; Dominique Marbouty, vice-président de Météo et Climat ; Marie-Pierre Planchon, productrice et présentatrice de la météo sur France Inter ; Laurent Romejko, présentateur météo sur France 3 ; David Salas Y Melia, chercheur chez Météo France.

Les enjeux

À mesure que les prévisions se précisent, les bulletins météo ont gagné en crédibilité. Avec le dérèglement climatique, il n’est plus seulement question de pluie et de beau temps mais de sensibiliser à l’urgence climatique, sans céder à l’alarmisme. En parallèle des bulletins télévisés et radiophoniques, des initiatives émergent sur les réseaux sociaux à l’échelle locale et permettent de toucher la jeune génération. En même temps, les réseaux sociaux sont aussi utilisés comme des systèmes d’observation des intempéries.

Ce qu’ils ont dit

Evelyne Dhéliat : « L’information, c’est du spectacle. Mais la priorité reste d’informer. Il faut qu’on comprenne du premier coup d’œil ce qui se passe. »

« On a un rôle compliqué car on a une responsabilité économique. J’ai reçu une fois un appel d’un hôtelier furieux parce que ses réservations avaient été annulées après un bulletin météo…»

Dominique Marbouty : « Aujourd’hui, la température moyenne du globe a augmenté d’un degré Celsius. Avec les feux de forêt en Grèce, aux États-Unis, en Australie, tout le monde en voit déjà les effets. Et on imagine bien les conséquences d’un réchauffement de deux degrés Celsius. » 

Marie-Pierre Planchon : « En une minute, c’est très difficile d’arriver à satisfaire tout le monde, de créer du lien en restant crédible. »

« Je fais très attention au vocabulaire que j’emploie, à dire le terme le plus exacte. Il ne faut pas dire “il va faire beau ! “, mais “il va faire chaud !” Pour les touristes, un temps ensoleillé est positif, mais pour les agriculteurs, se sera peut-être catastrophique…»

Laurent Romejko :  « J’aime bien créer un véritable récit pour présenter la météo. Il y a une certaine poésie. On parle de la France, des régions, des petits coins que l’on évoque pas forcément dans les JT. »

 « On a l’impression que les exceptions commencent à devenir la norme. On se rend compte que les phénomènes de tempête reviennent de plus en plus régulièrement, de même que les normales de saison augmentent. »

« Il faut être extrêmement prudent et avoir du recul. On ne peut pas tout relier au changement climatique. »

« Notre rôle n’est pas d’apprécier le temps qu’il va faire, mais de dire le temps qu’il va faire. »

Ilyes Ghouil :  « Sur les réseaux sociaux, tout passe par l’écrit et le visuel. On peut se permettre de détailler, d’apporter des précisions. »

« J’ai remarqué un réel emballement au niveau des intempéries en Franche-Comte à partir de 2017. J’ai aussi constaté une certaine disparition du froid. »

« Sensibiliser le jeune public dès la primaire est important. Les enfants ramènent pleins d’informations à leurs parents. »

David Salas Y Melia : « La météo a changé, le temps qu’il fait a changé. Si on regarde les bulletins des années 1990, on ne prévoit plus les mêmes choses. »

« Parmi les cyclones, on observe une proportion plus importante de cyclones intenses. Les pluies extrêmes montent aussi en intensité, y compris dans le Sud-Est de la France. On estime que l’intensité maximale des précipitations a augmenté d’une vingtaine de pourcentages par rapport aux années 1960. »

À Retenir

Les bulletins météos sont les reflets du dérèglement climatique. Si les manières de présenter la météo varient selon les temps d’antenne et les supports (télévision, radio, réseaux sociaux), les journalistes ont pris conscience de l’importance d’informer les citoyens sur le climat. Dans le vocabulaire, il n’est plus question d’apprécier la pluie ou le beau temps, mais d’exposer les faits. Une dimension plus pédagogique des bulletins a vu le jour ces dernières années. Évoquer les catastrophe naturelles, expliquer la formation des intempéries, parler de la qualité de l’air ou des stocks d’eau douce permettent de prendre de la hauteur sur les simples prévisions.

Irène Prigent