Radio, la folie des podcasts
Les médias cherchent à créer un lien intime avec l’auditeur. Photo : Clara Gaillot.

Retrouvez l’essentiel de la conférence : « La folie podcast : créer un lien d’intimité avec l’auditeur »

Animé par Sophie Massieu, journaliste, avec David Carzon (Binge Audio), Mélissa Bounoua (co-fondatrice Louie Média), Sandrine Treiner (directrice France Culture) et Thibault Mougin (BoxSons).

LES ENJEUX

Dans l’univers de la radio, le podcast occupe une place de plus en plus importante. Ce format permet une toute nouvelle approche du journalisme audio. Nombreux sont les journalistes qui se lancent dans le podcast, en créant parfois leur propre plateforme.

QU’ILS ONT DIT

David Carzon (Binge Audio) : « Nous travaillons avec une ligne éditoriale où le ton doit être le plus direct possible. Il faut créer un lien d’intimité avec l’auditeur. La ligne doit, certes, être directe mais racontée de manière complexe. C’est toute la difficulté. Notre cible, c’est les 18-35 ans. Nous décidons du ton en fonction du programme, par exemple, nous n’employons pas le “je” ou le “tu” avec le même public. »

Melissa Bounoua (Louie Media) : « En école de journalisme, on nous apprend à ne pas parler avec le “je”. Pourtant, nous vivons dans une société où le “je” est très souvent utilisé. Il faut s’adapter à cela, en proposant un contenu plus personnalisé. En France, les gens qui sont de gros consommateurs de podcasts peuvent en écouter sept par jour. C’est énorme ! Le plus difficile reste de fidéliser les personnes et d’attirer un nouveau public. »

Sandrine Treiner (France Culture) : « La question qui se pose est celle la distribution. La création est primordiale, mais si personne ne les écoute, cela ne peut pas marcher. Des grosses marques comme les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ont des partenariats importants avec des médias créateurs de podcasts. Toutefois, je ne pense pas que l’arrivée de ces multinationales sur le marché du podcast entraîne une uniformisation du contenu. »

Thibault Mougin (Boxsons) : « On n’envoie pas des reporters au hasard sur le terrain. Ils sont choisis selon leur personnalité et selon le sujet. Les journalistes sont interchangeables. C’est un peu dommage. Ici, on colle avec la personne et on assume la subjectivité. Le sujet doit, lui, s’adapter au temps qu’on va lui donner et non l’inverse. »

À RETENIR

Avec le podcast, le travail journalistique reste le même sur le fond, mais l’information doit être contée de manière différente. Attention, ce n’est pas de la fiction. C’est du journalisme. Créer un nouveau lien avec l’auditeur, plus intime, est donc nécessaire. La notion de choix compte aussi beaucoup : écouter tel ou tel épisode, en accélérer un autre ou sauter un passage. L’explosion du nombre de podcasts journalistiques sur le web est une preuve de cette réussite. Et ce n’est que le début.

 

Pablo Menguy