Les Assises 2019, un nouveau virage

La cité de la création et de l’innovation, Mame, accueillera la 12e édition des Assises du Journalisme. (Photo : Suzanne Rublon)

 

Les médias, « tous les mêmes » ?

Cette 12e édition des Assises du Journalisme de Tours se questionne sur la diversité du monde journalistique. Si le thème a été choisi en juin dernier, cette problématique semble aujourd’hui répondre à la crise des gilets jaunes et aux reproches faits aux professionnels. Médias alternatifs, de l’éducation aux médias et à l’information (EMI), les réseaux sociaux, les femmes dans les médias, le factchecking notamment, sont autant de thèmes qui seront abordés au travers de 24 ateliers et 5 débats. 

Mame, un lieu chaleureux

Les Assises quittent le Palais des Congrès, le Vinci, pour investir les locaux du Mame. Cette « Cité de la création & de l’innovation » est un incubateur tourangeau d’entreprise. Un espace sûrement moins pratique que le Vinci, qui se trouve en face de la gare de Tours, mais « chaleureux », comme l’affirme Jérôme Bouvier, le président des Assises : « C’est un lieu chargé de symboles, qui correspond idéalement à l’état d’esprit des Assises. » Il mêle la tradition professionnelle et les nouvelles technologies, à l’image des bouleversements auxquels font face les secteurs de la presse.

L’angle international 

En novembre dernier, la première édition des Assises du Journalisme de Tunis a rassemblé plus de 800 professionnels. Cette année, les Assises sont animées par de nombreux étudiants en journalisme, venant d’horizons internationaux. De Tunisie, de Belgique ou du Québec, les futurs professionnels s’allient le temps de trois jours pour couvrir cet évènement. Pour Jérôme Bouvier, cette édition semble concrétiser un vieux rêve : celui de faire « dialoguer les deux rives de la Méditerranée. » 

Perrine Basset

Jérôme Bouvier : « Nous avons concrétisé un vieux rêve  »

Jérôme Bouvier est le président de l’association Journalisme et Citoyenneté qui organise depuis douze ans les Assises du journalisme. Cette nouvelle édition, plus internationale que jamais, représente pour lui une belle réussite.  

 

 

Cette année, le thème est « Médias : tous les mêmes ? ». Comment l’avez-vous choisi ?

Jérôme Bouvier : Nous l’avons choisi en juin dernier avec l’ensemble des collectifs des associations qui organisent les Assises. Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord, y compris les journalistes, pour utiliser le terme globalisant « les médias ». C’est comme s’il y avait un personnage unique qui s’exprimait au nom de la diversité éditoriale, une seule voix au nom des 35 000 cartes de presse en France. C’est un glissement sémantique que je trouve dangereux. Si le thème a été choisi en amont, il fait écho aujourd’hui aux questions que nous pose la crise des Gilets jaunes.

Cette année, les Assises investissent un nouveau lieu. Qu’est-ce que cela change d’être à Mame ?

J.B. : Mame est un incubateur d’entreprises, qui mêle la tradition professionnelle aux nouveaux usages technologiques. C’est un lieu chargé de symboles, qui correspond parfaitement à l’état d’esprit des Assises. Il est sans doute moins pratique et moins confortable que le Palais des congrès de Tours, mais cela rend l’aventure excitante. C’est un espace chaleureux que nous sommes ravis d’investir.

Des étudiants en journalisme tourangeaux, tunisiens, québécois et libanais sont mobilisés lors des Assises. En quoi cette internationalisation est importante ?

J.B. : Depuis la création des Assises, nous souhaitions que cet évènement concerne les professionnels de demain : les étudiants en journalisme. Cela permet d’échanger sur les pratiques professionnelles, notamment sur les questions déontologiques. Il y a rapidement eu une forte mobilisation des écoles françaises. Je suis ravi de voir qu’au fil des années, c’est un rendez-vous que personne ne rate. Puis les propositions ont dépassé les frontières. C’est ainsi que l’on a pu réaliser la première édition des Assises du journalisme de Tunis, en novembre 2018. Nous avons concrétisé un vieux rêve, celui de faire dialoguer les deux rives de la Méditerranée.

 

Propos recueillis par Perrine Basset et Mathilde Warda.

Jérôme Bouvier : “Pas de frontières entre les journalistes, un même métier, des mêmes valeurs”

À l’issue des Assises de Tunis, Jérôme Bouvier, fondateur et organisateur de l’événement nous livre son ressenti. Photo : Lucas Beulin.

Au terme des 1ères Assises internationales du journalisme de Tunis, Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté et fondateur des Assises du Journalisme, est un homme heureux. Il nous livre son sentiment.

« C’était compliqué de monter ce grand événement, de trouver les partenaires pour nous suivre dans ce pari. J’ai eu beaucoup d’échos positifs au cours des trois jours. Ce qui m’a le plus frappé lors de ces Assises de Tunis, c’est une formidable énergie et une formidable diversité. 800 journalistes de 30 pays étaient réunis. On y a vu la réalité de notre métier. Et malgré les difficultés qui sont énormes, une envie de parole et d’échange toujours intacte. Il ne faut pas que des frontières se dressent entre les journalistes. Nous avons un même métier, des mêmes valeurs. Tous ces journalistes nous ont d’ailleurs encore fait voir leur appétit pour lancer des projets. Je suis toujours autant fasciné par l’envie de tous et cela donne envie de continuer l’aventure. Donc, rendez vous désormais en mars 2019 à Tours, avant une deuxième édition des Assises de Tunis à l’automne 2020. »

Aux Assises, naissent trois belles initiatives

 

Annonce de la création d’un réseau francophone d’investigation

Sandrine Sawadogo, secrétaire de rédaction à l’Economiste du Faso (Burkina Faso) :

« Je vous annonce aujourd’hui la création de “Initiatives Impact Investigation”, un réseau francophone de journalistes d’investigation. Il faut du lien, de la collaboration entre journalistes d’investigation. Nous allons mobiliser des moyens financiers, assurer une meilleure diffusion, mais aussi former les journalistes aux techniques d’investigation. Notre projet est soutenu entre autres par RSF, Forbiden Stories, l’AFP… »

Lancement du réseau Hacks/hackers euromed

Antoine Laurent, consultant en stratégie numérique :

« Nous voulons mettre en lien les journalistes et les développeurs web. Ces derniers peuvent aider les journalistes à développer des applications, des infographies, des longs-formats interactifs. Hacks/hackers euromed va servir en somme à développer le journalisme interactif. »

Partenariat entre écoles de journalisme

Laurent Bigot, enseignant à l’École publique de journalisme de Tours (EPJT) :

« Aux Assises de Tunis, des étudiants de l’école publique de journalisme de Tours (EPJT) ont travaillé avec leurs homologues de l’Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi). L’idée est de renforcer le lien et les échanges entre différentes écoles de journalisme. »

Propos recueillis par Romain Pichon

[LES RENCONTRES]  « Les nommés du grand prix du journalisme des Assises »

L'ensemble des nommés du grand prix du journalisme.

Avec les nommés Léna Mauger pour Qu’auriez-vous fait à ma place ? (2017) aux Editions les Arènes ; Benjamin Bousquet pour Journaliste, l’ennemi qu’on adore (2017) aux Editions du Panthéon ; Pierangélique Schouler pour Les journalistes nous cachent-ils des choses ? (2017) aux Éditions Actes Sud ; Richard Sénéjoux, Amaury De Rochegonde pour Médias, les nouveaux empires (2017) aux éditions First.

Animée par Jérôme Bouvier, journaliste et Président de Journalisme & Citoyenneté.

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[LE RÉSUMÉ] Soirée de remise des prix des Assises

Samuel Forey reçoit son prix. Photo : Malvina Raud

 

Retrouvez l’essentiel de l’événement « Soirée de remise des prix des Assises internationales du journalisme de Tours » 

Animé par Thomas Sotto, président du jury des onzièmes Assises du journalisme, et Jérôme Bouvier, président de l‘association Journalisme & citoyenneté.

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