[INTERVIEW] Baptiste Bouthier : « On avait tous conscience que l’histoire se déroulait sous nos yeux »

(Photos : Lucas Turci/EPJT)

À l’occasion des Assises du journalisme 2021, le journaliste Baptiste Bouthier présente sa première bande-dessinée, 11 septembre 2001 – Le jour où le monde a basculé, illustrée par Héloïse Chochois*.

Cette bande-dessinée est le résultat d’une collaboration avec la revue Topo, une revue dessinée pour les moins de 20 ans. Qu’elle était l’objectif de ce projet ?

Baptiste Bouthier. Topo est une revue bi-mensuelle qui décrypte l’actualité par le dessin. À l’occasion des 20 ans du 11 septembre, nous voulions raconter cet événement à un public trop jeune pour s’en souvenir. Leur raconter ce qu’il s’est passé, comment les informations arrivaient au compte-goutte en France. Le personnage principal est une adolescente, Juliette. Elle permet aux lecteurs de s’identifier et de comprendre l’impact que cela a eu sur le monde dans lequel ils vivent.

Dans la BD, Juliette a 14 ans au moment des attentats, l’âge que vous aviez à l’époque. Quels souvenirs en gardez-vous ? 

B. B. Comme Juliette, j’ai appris le drame par ma mère en rentrant du collège. Je n’ai pas bien compris sur le moment mais en voyant les images plus tard. On avait tous conscience que l’histoire se déroulait sous nos yeux. La façon la plus véridique de raconter, c’était de montrer ce que j’ai vécu. Il y a aussi les souvenirs de la dessinatrice Héloïse, et de nos proches. Tout le monde se souvient de ce qu’il faisait au moment de l’attentat. Juliette est un personnage fictif mais c’est un assemblage de souvenirs réels.

Avant d’être une fiction, c’est un travail journalistique. Comment avez-vous documenté votre travail ? 

B. B. Il y a des téra octets de vidéos sur le sujet. On cherchait des informations vérifiées et des témoignages complets et précis. Puis il y a eu la mise en scène. Comment mettre concrètement ces témoignages en dessins. Héloïse s’est basée sur de nombreuses photos des tours, de Georges W. Bush… Elle a vraiment travaillé en s’appuyant sur de vrais documents.

Y a-t il des difficultés à illustrer un événement tragique ?

B. B. Héloise avait la volonté de ne pas ajouter du pathos au pathos, avec des illustrations sombres. Mais on ne pouvait pas mettre de couleurs fluo non plus. Nous avons choisi des couleurs pastel, douces. Du rouge pour la France, du bleu pour les Etats-Unis, pour l’alternance des récits. Il n’y pas beaucoup d’images violentes du 11 septembre. Il n’y a pas d’entre-deux. Les gens sont sortis presque indemnes ou sont morts dans les tours. La violence, ce sont les gens qui sautent par les fenêtres. Nous avons choisi de les représenter. J’ai eu des reproches mais on ne pouvait pas ne pas montrer ça.

Recueilli par Chloé Plisson et Manuela Thonnel

(*) Une co-édition Dargaud et Topo.

[Interview] Béatrice Denaes : « Les transidentités, on n’en parle pas et mon témoignage pouvait devenir intéressant »

Photo : Lucas Turci/EPJT

Ancienne journaliste à Radio France, Béatrice Denaes était présente aux Assises du journalisme, ainsi qu’au salon du livre, samedi 2 octobre. Elle présentait son ouvrage Ce corps n’était pas le mien – Histoire d’une transition tant attendue. C’est à l’arrivée de la retraite que Béatrice Denaes s’est sentie prête à parler de sa transidentité. Elle a arrêté de se présenter comme homme en 2019 et retrace son histoire dans son livre. 

 

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

À l’origine, c’était pour mes enfants. J’avais envie de laisser une trace qui leur raconte ma vie, qui leur explique que j’avais passé toute ma vie à me cacher. Je suis journaliste, je hais mentir. Pour moi, ce n’était pas du mensonge mais une omission : je savais ce que je ressentais pourtant je ne savais pas mettre de mots dessus. Je voulais leur expliquer, non pas pour les faire pleurer, toute la souffrance que j’ai vécu, que j’ai pu ressentir et aussi le bonheur que j’ai eu de les avoir. Même si j’ai eu la souffrance interne de ne pas les porter, d’accoucher et ça, ça restera le plus gros manque de ma vie. J’ai vécu la grossesse de ma femme et leur naissance par procuration. Ce livre c’était vraiment pour témoigner pour eux. En parlant avec mes amis journalistes, ils m’ont dit qu’il fallait que je le publie. Les transidentités, on n’en parle pas et mon témoignage pouvait devenir intéressant.

Vous avez passé votre vie à faire témoigner les autres et, là, c’est vous qui avez témoigné. Comment vous sentez-vous d’avoir échangé les rôles ?

Oui, c’est étrange, le « je ». Je l’ai banni depuis des années parce que, c’est ça qui est génial dans le métier de journaliste, c’est de faire parler les autres. Ça a toujours été mon idée en tant que journaliste, de faire bouger les mentalités des auditeurs, des lecteurs, des téléspectateurs et là, je me suis retrouvée dans une autre situation. Même si je connais les ressorts du témoignage, je dois reconnaître que ça fait bizarre d’être la personne qui témoigne. On a plus l’habitude de poser les questions que d’y répondre en effet, mais on s’y fait.

Est-ce qu’il y aura une autre étape pour vous, après votre livre, pour vous engager sur la question de la transidentité ?

Oui et je me suis déjà engagée. Quand j’ai fait ma transition médicale, je n’ai pas été bien reçue par une association réputée alors que j’allais très mal et que j’avais besoin de soutien. Je me suis dit que je voudrais qu’il existe une association entre médecins et personnes concernées pour faire avancer les choses. Le parcours médical était et, il l’est toujours, très psychiatrisé.

Cela m’a poussé à créer quelque chose avec les médecins et, finalement, ils avaient la même idée puisqu’en novembre dernier, nous avons créé une association qui s’appelle Trans Santé France. Nous nous retrouvons entre médecins, paramédicaux, personnes concernées, familles, associations, juristes, sociologues et en même pas un an d’existence, nous sommes déjà 120.

Nous avons organisé notre premier congrès à Lille, il y a même pas quinze jours et nous avons déjà des contacts. Nous voulons vraiment faire avancer les choses. On ne devrait pas avoir besoin d’un psychiatre pour déterminer si on est trans ou pas. Tout comme on ne devrait pas avoir besoin d’un juge pour attester que l’on est trans et changer d’état civil. Il y a encore pas mal de choses à faire changer et je veux le faire en position de journaliste en discutant, en informant.

Nous pensons qu’il faut simplifier ce parcours médical. Il est essentiel mais il pourrait passer par un généraliste. On parle souvent de médecins transphobes mais souvent ils n’y connaissent simplement rien et n’ont jamais étudié la transidentité. Ils ne connaissent parfois même pas les dosages donc nous voulons les accompagner. On va lancer un DIU (diplôme interuniversitaire) pour que les médecins soient formés.

Comment mieux parler de la transidentité dans les médias ?

Il faut plus en parler, même au sein des écoles de journalisme. J’ai tenu une conférence à l’Ecole de journalisme de sciences po, parce qu’en effet l’équipe pédagogique s’est rendue compte que les journalistes ne connaissent rien au sujet de la transidentité. Il y a eu beaucoup de questions très intéressantes et nous avons besoin de cet échange. Quand les gens ne comprennent pas, cela mène à la haine et à l’intolérance. Quand on connaît et qu’on réalise que chacun peut vivre sa vie comme il l’entend, cela évite ces phénomènes.

Recueilli par Lisa Peyronne et Héloïse Weisz

[INTERVIEW] Franck Annese : « Le but, c’est de proposer des changements de pratiques »

Fondateur du groupe So Press, Franck Annese décrit l’évolution récente des pratiques journalistiques au sein de ses médias, liée à la crise du Covid mais aussi à la lutte contre le réchauffement climatique.

(Photo : Lucas Turci/EPJT)

Franck Annese s’est fait connaître en fondant le magazine So Foot en 2003. Vient ensuite Society puis, plus récemment, So Good. Tous ces magazines sont intégrés au groupe So Press, dont il est le patron.

La crise du Covid a-t-elle modifié votre façon de travailler au sein des médias de votre groupe ?

Ce serait mentir que de dire qu’il y a un avant et un après Covid dans notre rédaction. Pendant le premier confinement, on ne pouvait plus aller dans certains endroits parce que nous venions de Paris. On nous reprochait de diffuser le virus. Mais cela n’a été que temporaire. Il n’y a pas eu de changement fondamental, si ce n’est dans la généralisation du télétravail. Nous n’aimons pas forcer les gens à So Press mais, malgré tout, c’est bien quand il y a du monde à la rédaction.

Durant votre débat avec Fabrice Arfi, vous évoquiez les efforts de vos médias pour limiter votre empreinte carbonne. Pouvez-vous les décrire ?

Nous essayons de n’utiliser que du papier écologiquement vertueux. Ce n’est pas forcément du recyclé car ce n’est pas toujours mieux mais nous faisons attention à leur empreinte carbone. Nous utilisons aussi des colles différentes, plus écologiques. Au niveau de l’encre, il existe des encres végétales plus vertueuses mais leur très fort coût fait que nous ne pouvons pas les utiliser aussi souvent que nousle souhaitons. Nous cherchons aussi à réduire les trajets de nos journalistes, ne pas faire d’allers-retours systématiques. Dans le cas où les déplacements sont longs et polluants, nous ramenons plusieurs articles que nous pouvons exploiter dans les différents magazines du groupe. Nous avons lancé également une autre démarche : en fonction du nombre de kilomètres parcourus par nos journalistes, nous finançons la plantation d’arbres. Ça ne compense pas forcément mais c’est déjà un premier pas. La dynamique est enclenchée, elle va dans le bon sens, et nous allons continuer à réduire autant qu’on le peut notre empreinte climatique.

Vous avez lancé So Good en 2020, qui promeut le journalisme de solution. Est-ce pour vous le meilleur moyen de mobiliser face aux enjeux de la crise climatique ?

Nous avons vraiment deux logiques différentes avec So Good et Society. Society va plus dans la complexité des choses, montrer ce qui ne va pas, donner l’alerte… Ce n’est ni tout blanc ni tout noir. So Good, à l’inverse, met en avant des personnalités qui font bouger les lignes. Nous médiatisons des personnes qui sont sous-médiatisées. Le but, c’est de proposer des changements de pratiques, voire de vies. Ne pas imposer mais proposer. Mais il ne faut pas oublier qu’il est toujours nécessaire de lancer des alertes. C’est notre rôle.

Recueilli par Lucas Turci

[LE RÉSUMÉ] Quatre initiatives en faveur de la diversité dans les médias

Photo : Lucas Turci/EPJT

Retrouvez l’essentiel de l’événement « Quatre initiatives en faveur de la diversité dans les médias ».

Animé par Anne Bocandé, journaliste indépendante et cheffe de projet incubation médias au Medialab 93, avec Maxime Daridan, BFM TV, Lannuaire vu des quartiersMarc Epstein, président de La chance, pour la diversité dans les médiasRyad Maouche, rédacteur en chef du média en ligne Frictions.co ; Claudia Rahola, responsable du comité « diversité » de lAFP.

Les enjeux

Les gilets jaunes, le mouvement Black Lives Matter, l’élection de Donald Trump, le Brexit… Ces dernières années, de nombreux événements de grande ampleur sont venus surprendre les médias. Ces pressions populaires interrogent sur le traitement de l’information par les journalistes, leurs biais mais aussi leur représentativité. Comment les médias peuvent-ils sortir de cette ornière et afficher un visage plus pluraliste ?

Ce qu’ils ont dit

Maxime Daridan : « L’annuaire des quartiers regroupe plus de 1500 Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). C’est un outil de facilitation entre habitants de quartiers populaires, dans le modèle du manuel des expertes. Il permet aux journalistes de mieux comprendre les sujets liés aux quartiers et de générer de nouvelles idées. Le succès, on l’aura quand les marronniers seront traités avec des publics bien plus diversifiés dans ces quartiers défavorisés. »

Marc Epstein : « Le chiffre dont on est le plus fier, c’est celui des anciens de notre formation La chance qui deviennent journalistes : 75 %. »

« C’est très important que des jeunes journalistes soient issus de milieux divers pour enrichir la conversation le matin en conférence de rédaction, quand on discute du traitement des angles, des sources… Représenter la diversité de la population, c’est notre travail. »

Ryad Maouche : « Pour Frictions, nous sommes partis d’un constat assez simple : les sujets de conversation sont devenus mondiaux, dépassent les frontières, mais leur perception change selon le lieu où l’on vit. On veut documenter ces différentes perception. C’est un travail de PQR à l’échelle mondiale. »

Claudia Rahola : « On se rend compte que le profil des journalistes est un peu le même. Nous avons monté le comité « diversité » pour diversifier les profils. »

« Aller plus loin, ça veut dire aussi faire beaucoup plus de mentoring, aller à la recherche de gens qui ne sont pas dans les écoles, qui ont eu une expérience professionnelle avant qui n’a rien à voir avec le journalisme. »

À retenir

Le baromètre du CSA mesure depuis 2009 la diversité dans les médias audiovisuels. Son dernier rapport dresse un portrait robot du journaliste à la télévision : un homme blanc, valide, âgé de 35 à 49 ans, vivant en ville et issu d’une catégorie socio-professionnelle supérieure. Face au manque de diversité dans les rédactions et aux biais que cela crée, de nombreux médias cherchent à aller vers plus de pluralisme. Les défis sont nombreux mais les initiatives aussi.

Lucas Turci

[LE RÉSUMÉ] Média et climat, une perspective historique en partenariat avec le GIS journalisme

Photo : Paul Vuillemin /EPJT

Retrouvez l’essentiel de l’événement « Média et climat, une perspective historique en partenariat avec le GIS journalisme »

Animé par Claire BLANDIN, professeure des universités à la Sorbonne avec Anne-Claude AMBROISE-RENDU, professeure d’histoire contemporaine à l’UVSQ/Université Paris Saclay ; Michel DUPUY, chercheur associé à l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine ; Nathalie TORDJMAN, membre des Journalistes écrivains pour la nature et l’Ecologie (JNE).

LES ENJEUX

L’étude historique de la presse permet de cerner les évolutions des articles sur l’écologie. Des premiers sujets au XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, l’analyse des archives, comme celles du JNE, et le travail des historiens, est un apport majeur pour comprendre le sujet.

CE QU’ILS ONT DIT

Anne-Claude AMBROISE-RENDU : « En 1969, on a un bouillonnement de la presse alternative autour de nouvelles questions, dont la presse écologiste »

« Les préoccupations sur l’environnement ne datent pas des années 1970. Elles datent des débuts des ennuis, donc de la Révolution industrielle, avec une émergence dès la fin du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne. En France, on a dès la fin du XIXe siècle les premiers articles sur la pollution des rivières dans la presse généraliste  »

Michel DUPUY : « Les catastrophes naturelles amènent de la recherche. Les désastres locaux touchent surtout les personnes des régions concernées, mais la canicule de 2003 a été un révélateur. Elle a touché l’ensemble du territoire français, donc elle a été un marqueur.  »

« En Allemagne, il y a eu de grandes tempêtes et chez eux la catastrophe agit comme un révélateur du réchauffement climatique. Elle permet une prise de conscience et amène des mesures concrètes. C’est la même chose en Suède. En revanche, en Italie, les incendies de forêts ne participent pas à une prise de conscience du changement climatique. »

Nathalie TORDJMAN : « Des études médias ont été faites chez les JNE en 1997, 2002 et 2005. Elles ont montré que l’’association permettait aux confrères et consœurs d’avoir un poids plus important dans leur rédaction. Ils arrivaient à faire passer plus de sujets. »
 

À RETENIR

Les années 1970 ont représenté un moment clé pour le développement de l’écologie dans les médias. Une presse écologiste émane de la contre-culture avec des titres militants. Des associations comme la JNE ont aussi permis aux journalistes de davantage s’exprimer sur ces sujets, et de pousser l’écologie au premier plan en poussant notamment la candidature du premier candidat écologiste lors de l’élection présidentielle de 1974, René Dumont. L’étude historique de la presse permet de voir les spécificités françaises et son évolution au fil du temps.

[INTERVIEW] Jean Jouzel : “On a laissé trop de place au climatoscepticisme”

Pour parler correctement du climat, le chercheur Jean Jouzel prône un journalisme responsable incluant scientifiques et non-spécialistes.

Paléoclimatologue, ancien vice- président du Giec, de 2002 à 2015, Jean Jouzel est reconnu pour ses travaux de recherche sur l’évolution du climat. Il est lauréat de nombreuses distinctions scientifiques, parmi lesquelles la médaille d’or du CNRS (2002). Sous sa vice-présidence, le Giec se voit décerner en 2007 le prix Nobel de la paix, avec Al Gore, alors vice-président des États- Unis, pour leur engagement dans la lutte contre les changements climatiques.

Après quarante ans de prise de conscience, quel diagnostic faites-vous du traitement de l’urgence climatique dans les médias ?

Jean Jouzel. Je pense que nous avons d’excellents journalistes qui traitent de ces problèmes. La place donnée à l’environnement et au climat est en général satisfaisante dans les médias. C’est le cas dans la presse écrite, ça l’est de moins en moins à la radio tandis que la télévision ne donne plus qu’un espace minime aux scientifiques. Certains, pour se différencier, ont mis en avant une forme de climatoscepticisme et ont donné une parole à ses défenseurs même s’ils ne représentent que quelques scientifiques isolés. C’est regrettable car je pense que les médias jouent un très grand rôle dans l’acceptation par la population de la réa- lité du changement climatique.

Les journalistes doivent-ils continuer à donner la parole aux climatosceptiques ?

J. J. Oui, ceux-ci doivent aussi pouvoir s’exprimer, c’est quelque chose de légitime. Cela me semble logique que certaines personnes se disent : « Mais est-ce que les scientifiques ont vraiment rai- son ? » Surtout lorsque cela implique une refonte complète de notre société. C’est un scepticisme constructif. L’enjeu im- pose cependant un débat d’arguments. Il faut sortir des dogmes. C’est au journaliste de comprendre qu’il ne peut pas donner la parole à un interlocuteur qui nie le réchauffement climatique sans argument. Trop souvent cela a été le cas, nous avons laissé trop de place au climatoscepticisme.

Dans les médias, la question du réchauffement climatique est-elle le domaine réservé des journalistes scientifiques ?

J. J. Non, au contraire, il faut que les journalistes d’actualité, d’économie, de société écrivent sur cette question. Il est tout à fait justifié qu’un journaliste, sans grande culture scientifique, parle de sujets qui touchent directement au réchauffement climatique, à ses causes, à ses conséquences, à ses solutions. Il n’a besoin que de sa propre culture et d’un esprit d’ouverture. L’aspect scientifique est important mais c’est avant tout un problème de société majeur.

Recueilli par Léobin DE LA COTTE et Romain LELOUTRE

[LE RÉSUMÉ] Parler du genre

Photo : Alexandre Camino/EPJT

Retrouvez l’essentiel de l’événement « Parler du genre »

Animé par Marc Mentré, vice-président de Journalisme et Citoyenneté, avec Pascale Colisson, responsable pédagogique et journaliste à l’IPJ Dauphine PSL ; Béatrice Denaes, journaliste formatrice et autrice ; Mejdaline Mhiri, coprésidente de l’association Femmes journalistes de sport, rédactrice en chef Les sportives ; Pauline Talagrand, adjointe au chef réseaux sociaux et fact-checking à l’AFP.

LES ENJEUX

Les quatre journalistes se sont réunies pour échanger autour de la question du genre dans les médias. Cette thématique pose en effet de nouveaux enjeux, notamment de renouvellement de vocabulaire ou de représentativité dans les colonnes. Un défi médiatique de taille dans un contexte de revendications féministes et sociales.

CE QU’ILS ONT DIT 

Pascale Colisson : « Nous devons avoir conscience de nos biais. C’est l’essence du métier. Nous devons caractériser les personnes pour ce qu’elles sont et pas pour ce qu’on projette sur elles »

« J’ai confiance en la nouvelle génération de journalistes. Elle est radicale dans le bon sens du terme »

Béatrice Denaes : « Par méconnaissance, on ne fera pas avancer la société. Les journalismes contribuent à faire évoluer les réactions stéréotypées. Nous sommes là aussi bien pour diffuser l’information que la culture, qui feront évoluer les mentalités »

Mejdaline Mhiri : « Certes, nous connaissons les difficultés qui touchent les femmes journalistes dès le début de leurs carrières. Le journalisme est un métier génial, ne lâchez-pas l’affaire. J’ai à cœur de transmettre cette détermination. »

Pauline Talagrand : « Je veux lancer un message. La responsabilité incombe certes aux structures et aux hiérarchies, mais elle incombe surtout aux journalistes. Ce sont eux qui feront bouger les rédactions et qui feront changer les choses »

« Une fois la réorganisation des effectifs entamée, il faut rentrer dans l’éditorial. Il faut donner des lignes directrices aux rédactions, des règles, des références pour que les erreurs ne soient pas faites »

À RETENIR

Les intervenantes qui ont pris part à ce débat ont fait état des difficultés que pouvaient notamment connaître les femmes journalistes au cours de leur carrière. Elles ont également évoqué l’impact que pouvaient avoir des erreurs ou approximations sur la question du genre auprès du lectorat. Elles ont appelé les journalistes et les rédactions à interroger leurs pratiques, pour traiter l’actualité avec le moins de biais possibles.

Alexandre Camino

[LE RÉSUMÉ] « Des médias zéro carbone, est-ce possible ? La responsabilité des journalistes »

(Photo : Alexandre Camino/EPJT)

Retrouvez l’essentiel de l’événement « Des médias “0 carbone”, est-ce possible ? La responsabilité des journalistes »

Animé par Olivier Monod, journaliste scientifique pour Libération, avec Jon Henley, correspondant Europe pour The Guardian ; Hanna Lundquist, journaliste spécialiste des médias pour Journalisten (Suède) ; Cédric Ringenbach, fondateur de La Fresque du climat ; Gilles Van Kote, directeur délégué aux relations avec les lecteurs au journal Le Monde.

LES ENJEUX

Quatre journalistes de plusieurs pays ont échangé sur la question du traitement de l’urgence climatique dans leurs rédactions. Le but : faire un état des lieux des pratiques en vigueur dans différentes rédactions et s’interroger sur la façon dont les journalistes peuvent encore, à leur échelle, aborder l’environnement dans leurs colonnes.

CE QU’ILS ONT DIT 

Jon Henley : « Au Guardian, nous avons par exemple décidé de changer tout notre vocabulaire lié à l’urgence climatique. Le changement climatique est le sujet majeur des années à venir. Nous avons un souci de transmettre au lecteur l’urgence de la situation. »

« Nous essayons, dans notre journal, de montrer comment la crise climatique peut impacter les futurs événements politiques, sociaux ainsi que les cours migratoires. Notre travail journalistique est de fournir une clarté, un résultat précis sur cette thématique, sans erreur. La responsabilité journalistique, elle est là. »

Hanna Lundquist : « En Suède, le journalisme climatique va bien. Il se porte mieux que jamais dans le pays de Greta Thunberg. Entre 2018 et 2019, la présence du climat dans les médias du pays a augmenté de 100 %. Dans les journaux, toutes les sections traitent un peu de cet enjeu. »

« Je pense qu’à l’avenir, nous devons développer le contenu d’investigation sur ces sujets. »

Gilles Van Kote : « Les questions du climat, de l’exploitation des ressources, du lien entre l’activité humaine et la nature par exemple ne sont plus remises en cause. »

« Notre boulot, c’est d’aider nos lecteurs à tout comprendre pour qu’ils puissent prendre des décisions de citoyens. Et ce travail, nous devons le faire le mieux possible pour que les publics retrouvent confiance dans les médias »

Cédric Ringenbach : « Dans la presse, la formation est un mot tabou. Nous parlons de sujets techniques. Nous n’avons pas la science infuse. Il y a une nécessité pour les journalistes de se former. »

« Il y a un vrai enjeu de préparer l’opinion publique aux fake news environnementales ainsi qu’à un climato-scepticisme qui risque de s’accroître. »

À RETENIR

Entre aménagement éditorial, choix des sujets et relation avec les lecteurs, les intervenants ont comparé leurs pratiques dans leurs journaux. Ce moment d’introspection journalistique a mis en exergue des pistes de réflexion pour développer le traitement médiatique de la crise climatique. Les professionnels présents à cette conférence ont notamment évoqué le besoin de développer la formation scientifique des journalistes, ainsi que la nécessité de promouvoir du contenu d’investigation environnemental.

Alexandre Camino

[INTERVIEW] Daniel Schneidermann : « Il existe des points communs entre le traitement médiatique des migrants et celui des réfugiés juifs »

Daniel Schneidermann est journaliste et créateur du site d’informations Arrêt sur images. Il publie Berlin, 1933 : la presse internationale face à Hitler. Le livre analyse le traitement médiatique de la montée du nazisme, de l’élection d’Hitler au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Son ouvrage a remporté le Prix du livre du journalisme des Assises 2019.

Daniel Schneidermann, auteur de Berlin, 1933
(Photo : Louise Gressier / EPJT)

Pendant la remise du prix, vous avez dit avoir eu « beaucoup de mal à écrire ce livre ». Pourquoi ? Daniel Schneidermann. J’ai été stupéfait par l’ampleur de ma découverte. À l’époque, une sidération journalistique collective a eu lieu. Les journalistes étaient atterrés par les événements à couvrir. Ils n’arrivaient pas à trouver les mots pour raconter. Cette sidération m’a déconcerté. D’habitude, j’arrive à prendre de la distance. Mais pas là. J’ai tout simplement été écrasé par le sujet. Pourquoi avoir anglé votre livre sur l’avant 1939-1940 et non sur la guerre ? D. S. Ce que je voulais, c’était analyser une presse libre, pas une presse censurée. On se doute qu’une presse censurée ne dit rien. Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi une presse libre ne dit rien ou dit mal. Alors que théoriquement, elle a le droit de s’exprimer. Ça m’a également permis de faire des parallèles avec notre époque. « Ce livre est né de l’effroi Trump. » Dans votre livre, vous parlez de Donald Trump, d’Éric Zemmour, des migrants, etc. Assumez-vous ce risque de faire des comparaisons avec notre actualité contemporaine ? D. S. Je prends des pincettes quand je fais des comparaisons. Les situations ne sont pas les mêmes mais il y a des similitudes dans les mécanismes journalistiques. Par exemple, il y a des points communs entre le traitement médiatique des migrants aujourd’hui et celui des réfugiés juifs en 1938. On ne fait jamais de papiers qui les humanisent, qui montrent leurs visages. On préfère publier des articles chiffrés. La montée du nazisme est un « aveuglement médiatique collectif ». Existe-t-il aujourd’hui un phénomène analogue ? D. S. Il y a des sujets auxquels nous sommes aveugles sans le savoir. Concernant le changement climatique, on a l’impression de faire notre boulot : on écrit des papiers, on couvre les manifs, etc. Les médias le traitent, le préviennent, le disent. Mais rend-on bien compte de l’énormité qui va nous tomber sur la tête ? Autre exemple : ne sommes-nous pas aveugles face à un processus général d’effondrement de la démocratie ? Nous, la presse, ne sommes-nous pas aveugles face à l’effondrement de la presse ? Je pense qu’il faut se poser des questions. Il faut sortir de notre système de référence et le regarder de l’extérieur. Pour documenter votre livre, vous vous êtes plongé dans les archives de plusieurs journaux anglo-saxons et français. Avez-vous remarqué une tendance à l’uniformité ou bien de réelles différences de traitement ? D. S. Quand on analyse en détails les journaux sans étiquette politique (Paris-Soir, L’intransigeant, Le matin, Le temps), on se rend compte qu’ils disent la même chose. Il y a une uniformité et un suivisme encore présents aujourd’hui. J’ai découvert le lieu où se fabrique ce suivisme. C’est la fameuse Stammtish à Berlin, où se regroupent tous les journalistes correspondants américains et anglais. Tous les soirs, ils se retrouvent et se mettent d’accord sur l’actualité. Quel journaliste auriez-vous fait en 1933 ? D. S. Je pense que j’aurais été viré tout de suite par Goebbels [ministre de la propagande sous Hitler, ndlr]. Personnellement, je suis incapable d’autocensure. Je considère qu’un journaliste doit dire à ses lecteurs tout ce qu’il sait. Je n’aurais peut-être pas été meilleur qu’eux. Je ne fais d’ailleurs pas la leçon aux journalistes de l’époque. C’était très dur de se coltiner les nazis tous les jours et de savoir où placer la limite. Finalement, les vrais responsables de l’aveuglement médiatique, ce ne sont pas eux mais leurs journaux qui n’ont pas voulu voir ce qu’il se passait.

Propos recueillis par Lydia Menez

 

[LE RÉSUMÉ] « Francophonie : Après Tunis, 2e rencontre du réseau des journalistes »

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(Photo : Benjamin Baixeras)

Retrouvez l’essentiel de l’atelier « Francophonie : Après Tunis, 2e rencontre du réseau des journalistes »

Animé par David Servenay, journaliste indépendant, avec Ignace Sossou, journaliste à Bénin Web TV ; Kouadio Noël Konan, journaliste à l’Eléphant Déchaîné ; Sandrine Sawadogo, journaliste d’investigation pour l’Economiste du Faso ; Chadia Khedhir, directrice de la chaîne nationale 2 de la télévision tunisienne.

LES ENJEUX

L’atelier « Francophonie : Après Tunis, 2e rencontre du réseau des journalistes » revenait sur l’initiative lancée lors des premières Assises du journalisme à Tunis, en novembre 2018 : le réseau Initiative, Impact, Investigation. Ce projet a pour dessein de réunir des journalistes d’investigation des deux rives de la Méditerranée pour mener des enquêtes communes. L’atelier réunissait des journalistes d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb. L’objectif : discuter des difficultés à exercer le journalisme d’investigation de l’autre côté de la Méditerranée et trouver des solutions via le réseau 3I (Initiatives, Impact, Investigation).

CE QU’ILS ONT DIT

Chadia Khedhir : « Le journalisme d’investigation, c’est montrer ce qu’on veut cacher. En Tunisie, il est de plus en plus possible de mener des enquêtes. Lors des premières années de la révolution, les journalistes manquaient encore d’audace et d’expérience. Une loi sur la liberté d’expression qui est passé à ce moment a beaucoup changé les choses, même si les politiques et les lobbies tentent toujours d’intimider les journalistes en les menaçant de procès et en les intimidant sur les réseaux sociaux. En Tunisie, il suffit de gratter un peu pour trouver un sujet d’enquête, je pourrais enquêter sur tout. La Tunisie est un grand chantier. »

Ignace Sossou : « Le projet de réseau Initiative, Impact, Investigation permettrait de connecter trois sphères : l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb et l’Europe pour mutualiser les moyens et pour donner de l’écho aux enquêtes. J’espère que ce réseau pourra donner un impact international à nos enquêtes. Si notre travail est relayé par les médias internationaux, l’écho sera plus grand et les conséquences aussi. Cela permettrait d’avoir des retombées. »

Sandrine Sawadogo : « Une des principales difficultés dans mon métier, c’est la pression des confrères. Pour de la dernière enquête que j’ai publié, un plateau de télévision a été organisé pour décrédibiliser mon enquête. Mais les journalistes n’ont pas parlé de mon travail mais plutôt de mes habitudes, de mes fréquentations… ils essayaient de saboter mon enquête en décrédibilisant ma personne. On nous a également souvent proposé de laisser tomber telle ou telle investigation et, en échange, on obtiendrai tant d’années de publicité. Et la pression économique c’est une chose mais on subit aussi une pression de la part des juges. »

Kouadio Noël Konan : « Si on ne fait pas notre travail, on cautionne ce qu’il se passe. Mais pour bien enquêter, nous avons besoin de plus de ressources financières. Il y a quelques mois, j’ai mené une enquête sur la société d’État de la forêt en Côte d’Ivoire, et j’ai dû solliciter mes propres ressources. »

À RETENIR

Le réseau Initiative, Impact, Investigation est l’occasion de contourner de nombreuses difficultés que rencontrent les journalistes des médias d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb. Parmi celles-ci : la collecte d’informations et de sources fiables, des moyens financiers, et surtout, une meilleure considération des travaux des journalistes d’investigation de l’autre rive de la méditerranée. Car les sujets qui concernent les trois zones géographiques regroupées par ce réseau ne manquent pas : environnement, question djihadiste, trafiques d’armes et d’êtres humains… Comme rappelé par David Servenay qui animait l’atelier, après la déclaration d’amour entre ces journalistes, il faut désormais montrer des preuves d’amour pour instaurer une confiance au sein du réseau.

Lorène BIENVENU

Gilles Bastin : « Quand vous faites bien votre travail, vous n’êtes pas détestés »

Photo : Gilles Bastin / Crédit : IPSI Tunis

Gilles Bastin est professeur de sociologie à l’université Grenoble Alpes. Il a participé à l’atelier « la détestation des journalistes, une vieille histoire ».

La Feuille : De nos jours, les actes de violence à l’égard des journalistes augmentent. Comment peut-on expliquer la détestation des journalistes ?

Gilles Bastin : Je ne suis pas sûr qu’il y ait une détestation. Beaucoup de gens envient la situation des journalistes. Même parmi ceux qui font partie des mouvements populaires et dont on pense qu’ils les détestent. En fait, beaucoup aimeraient peut-être devenir journaliste. Je me méfie du mot détestation parce que c’est une façon de disqualifier les gens qui critiquent les journalistes. S’ils le font, ils sont accusés de les haïr. En revanche, il y a des formes de détestation qui se sont manifestées depuis très longtemps chez les intellectuels. Il y a pleins d’exemples, au 20e siècle, de propos extrêmement violents à l’égard des journalistes. Je situe cette détestation plutôt du côté des intellectuels que des mouvements populaires.

L’État est-il responsable de la protection des journalistes ?

G.B. : Les journalistes français ont toujours cherché une protection de l’État. Leur statut a été obtenu par une loi parce que les entreprises ne voulaient pas le garantir. Ce type de loi n’existe pas dans beaucoup de pays. Aux États-Unis par exemple, les médias donnent la carte de presse à leurs journalistes. En France, il y a une petite maladie du journalisme, qui est de chercher cette protection, d’aller au ministère de la Culture dès qu’il y a un problème et d’avoir dans sa poche une carte de presse. Les médias sont aussi sous perfusion de l’État en France. Heureusement qu’il y a des aides à la presse, sinon certaines entreprises auraient fait faillite. On estime qu’il y a 15 % de chiffres d’affaires des entreprises en presse écrite qui est socialisée par le biais d’aides à la presse. Cette protection existe, mais à mon avis, elle a des effets pervers considérables. Les journalistes devraient chercher à s’en émanciper.

Que doivent faire les organismes de la profession pour affronter la violence et la haine à l’égard des journalistes ?

G.B. : Il y a des choses relativement simples à faire. Par exemple, il faut arrêter d’inviter sur les plateaux de télévision les gens qui font le commerce de cette violence dans un but électoral. Les invitations doivent se diversifier et éviter de donner un écho à tout cela. Quand vous faites bien votre travail, vous n’êtes pas détestés.

Propos recueillis par Oussama BOUCHIBA (IPSI Tunis)

 

 

 

 

 

 

 

 

[LE RÉSUMÉ] Le grand débat : #Lesmédias tous les mêmes ?

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(Photo : Suzanne Rublon)

Retrouvez l’essentiel du débat “Le grand débat : #les médias tous les mêmes ?”

Avec les résultats du baromètre Vivavoice/Les Assises présentés par Aurélien Preud’homme, directeur d’études Vivavoice.

Animé par François Ernenwein, rédacteur en chef La Croix, avec Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité ; Raphaelle Bacqué, grand reporter au journal Le Monde ; Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde ; Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro ; Daniel Schneidermann, journaliste à Arrêts sur image.

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[LE RÉSUMÉ] « Un comité d’éthique des médias d’information en France ? »

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(Photo : Laurent Théoret)

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Un comité d’éthique des médias d’information en France ? »

Animé par Loïc Hervouet, ancien directeur de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) et ex-médiateur de RFI ; avec Patrick Eveno, président de l’Observatoire de la déontologie de l’information ; Emmanuel Hoog, ancien PDG de l’INA et de l’AFP, chargé de mission sur la création d’un conseil de déontologie de la presse ; Michèle Leridon, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et Vincent Lanier, premier secrétaire général du SNJ.
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[LE RÉSUMÉ] Femmes dans les médias : bientôt l’égalité et la fin du harcèlement ?

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(Photo : Emmanuel Haddek)

Retrouvez l’essentiel de la conférence Femmes dans les médias : bientôt l’égalité et la fin du harcèlement ?

Animé par François QUINTON, chef de service à INA Global. Avec Béatrice DAMIAN-GAILLARD, professeure d’université en info-com à Rennes ; David DOUKHAN, chercheur en informatique à l’INA ; Léa LEJEUNE, présidente du collectif Prenons la Une et journaliste chez Challenge ; Elsa FREYSSENET, journaliste aux Échos. (suite…)

[LE RÉSUMÉ] : « #Lesmédias. Atelier de recherche : la détestation des journalistes, une vieille histoire »

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(Photo : Laurent Théoret)

Animé par Isabelle Marcin-Garrou, professeure en sciences de l’information et de la communication à Sciences po Lyo ; avec Claire Blandin,  professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 13 ; Gilles Bastin, professeur de sociologie à l’université Grenoble Alpes et Alexis Levrier, maître de conférences à l’université de Reims, chercheur associé et spécialiste de l’histoire de la presse.
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[LE RÉSUMÉ] “Quel récit éditorial ultramarin en métropole ?”

Quel récit ultramarin en métropole - cred Mélina Rivière

Retrouvez l’essentiel de la conférence “Quel récit éditorial ultramarin en métropole ?”

Animé par la journaliste Nassira El Moaddem, avec Dominique Fossé, rédacteur en chef de l’actualité ultramarine de France Télévisions ; Nathalie Sarfati, grand reporter à France O, Faïd Souhaïli, journaliste à 101Mag ; Memona Hintermann, grand reporter et Cécile Azzaro, journaliste à l’AFP.

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[ENQUÊTE] : Journalistes, au tableau !

Le conseil de la presse : un outil de régulation magique à brandir à loisir pour faire respecter les règles de démocratie. (Photo : Suzanne Rublon)

 

La création d’un conseil de presse fait de nouveau débat chez les journalistes et les éditeurs. Certains plébiscitent un outil de régulation. D’autres craignent la censure. 

Entre les médias et leur public, le climat est délétère. Les journalistes sont régulièrement pris pour cible dans l’espace public. Une fracture symbolisée par le mouvement des Gilets jaunes. Alors comment rétablir la confiance entre la profession et la population ? Une proposition revient souvent dans les débats : l’autorégulation des médias, avec l’instauration d’un conseil de presse déontologique. Jean-Luc Mélenchon avait porté cette idée dans son programme lors de l’élection présidentielle de 2017, avant, quelques mois plus tard, de lancer une pétition en ligne qui avait recueilli plus de 190 000 signatures. En 2014, Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture, avait lancé une mission sur le sujet qui avait conclu à l’absence de consensus entre syndicats de journalistes, ouvertement favorables, et éditeurs.

« Sujet sensible »

En octobre 2018, le ministère de la Culture s’est réemparé du dossier en confiant une mission sur le sujet à Emmanuel Hoog. Initialement prévue en janvier, la publication du rapport, qui n’engage pas le processus de création d’un conseil de presse, devrait être faite d’ici quelques jours.

Franck Riester, le ministre de la Culture, se dit « prudent » quant à cette démarche, parlant même de « sujet sensible » dans les colonnes du JDD du 10 mars. « Le rapport et ses conclusions pourront être une base de travail pour les journalistes, mais sa vocation première sera de faire de la pédagogie : expliquer ce qu’est un conseil de presse. C’est aux professionnels de s’entendre sur le périmètre d’action », précise Emmanuel Hoog.

La déontologie occupe d’ores et déjà une place importante au sein du paysage médiatique du pays. La presse française se réfère à différents textes déontologiques, comme la Charte de Munich, quand les rédactions n’ont pas leur propre code, à l’image de Ouest-France ou France Télévisions. Radios et télés, quant à elles, relèvent du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui peut, dans les cas les plus extrêmes, émettre des sanctions.

Mais la France demeure une exception sur le Vieux continent. Une vingtaine de pays européens se sont déjà dotés d’un conseil de presse, parmi lesquels figurent la Belgique, la Suède, le Danemark ou la Norvège, membres du top 10 du classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

Soupçon de corporatisme

« La présence d’un conseil de déontologie de la presse n’entraîne pas automatiquement une montée au classement, mais cela peut expliquer en partie la bonne place qu’y occupent certains pays comme le Danemark », analyse Paul Coppin, le responsable des activités juridiques de l’organisation. Selon les pays, les priorités de ces instances diffèrent. Régulièrement mis en avant, le traitement des plaintes du public n’est pas forcément la tâche principale de ces conseils conçus pour être des médiateurs forts entre le public et les journalistes.

Leur composition varie également selon les pays. La plupart ont une représentation tripartite, avec des journalistes, des éditeurs et des représentants de la société civile, afin d’éviter les soupçons de corporatisme. Une particularité que le futur conseil de presse français pourrait présenter. « Ceux qui se sont montrés favorables à un conseil de presse ont tous dit qu’il fallait une représentation de la société civile au sein de cette instance », confirme Emmanuel Hoog. Le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) se dit ouvert au principe d’un conseil de presse. Tout comme le Syndicat national des journalistes (SNJ) qui revendique la « création d’une instance nationale de déontologie » et demande l’inscription de la Charte de Munich dans la convention collective des journalistes. Jean-Marie Charon, sociologue au Centre national de la recherche scientifique et spécialiste des médias, estime que cette dernière requête suffit. « Reconnaître un texte qui soit opposable par les journalistes serait beaucoup plus intéressant que d’avoir un conseil au-dessus de tout », juge-t-il, considérant comme « inutile » la création d’un conseil de presse. « On peut envisager la médiation d’une autre manière, comme par exemple avoir des structures au sein des rédactions », argue encore Jean-Marie Charon. Mais la création de ce conseil ne solutionnerait pas tout. Plusieurs critiques reviennent souvent sur la mission d’Emmanuel Hoog.

La principale : que l’État soit à l’initiative du projet. « Même s’il n’aura aucun pouvoir dans le conseil une fois celui-ci créé, cette démarche n’envoie pas un bon signal », estime par exemple Jean-Christophe Boulanger, président du Spiil. Emmanuel Hoog tempère : « Ce n’est pas parce que l’État me missione qu’il jouera un rôle dans le futur conseil de presse. Sa place sera nulle. »

La solution aux problèmes déontologiques pourrait d’abord passer par les rédactions et par des journalistes qui se remettent quotidiennement en question. En janvier 2018, le quotidien La Voix du Nord a officiellement mis fin à la relecture de ses papiers par les interviewés. Une pratique imposée par certains hommes politiques, mais aussi, parfois, par ceux qui militent pour la création d’un conseil déontologique…
Les spécificités des conseils de presse à l'étranger

Ariel GUEZ et Camille MONTAGU

[LE RÉSUMÉ] #LESMÉDIAS. journalisme et « Gilets jaunes »

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Retrouvez l’essentiel de la conférence #LESMÉDIAS. JOURNALISME ET « GILETS JAUNES »

Animé par Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde et présidente du jury des Assises. Avec Rémy Buisine, reporter pour BRUT ; Gabin Formont, fondateur de Vécu, le média du gilet jaune ; Arnaud Mercier, professeur en communication université Paris 2-Assas, directeur des études de l’IFP, chargé de mission au HCERES ; Coralie Pierre, journaliste et membre du collectif « Paye toi un journaliste » ; Céline Pigalle, directrice de la rédaction de BFM.   (suite…)

La jeunesse africaine en faveur d’un “renouvellement des médias”

Les jeunes de l’ONG Enactus sont aux Assises, dans le cadre d’un partenariat.

A l’occasion de la conférence “comment les médias peuvent-ils encore séduire les jeunes ?”, nous avons demandé à des étudiants présents aux Assises, ce qu’ils pensent du paysage médiatique traditionnel, et ce qu’ils en attendent à l’avenir.

La jeunesse prend le pouvoir dans le paysage médiatique. C’est le cas du côté du site internet StreetPress, où la moyenne d’âge de la rédaction s’élève à 26 ans. Crée en 2009, le média français a su faire son trou, avec un adage : “on écrit les articles et on réalise les documentaires que l’on a envie de lire”, comme l’explique Johan Weisz-Myara, journaliste de Streetpress. De l’autre côté de la Méditerranée, les initiatives se multiplient également. Mantchini Traoré, jeune malienne, est à l’origine de l’émission “Instant Thé”, diffusée sur la télévision publique nationale. Et la productrice compte bien modifier le paysage médiatique traditionnel : “demandez aux jeunes ce qu’ils veulent, allez auprès d’eux, vous verrez !” Cela tombe bien, c’est la question que nous sommes allés poser à six jeunes de 15 à 25 ans, tous présents aux Assises.

Aïcha Khoufi (Bénévole à l’ONG Enactus, 20 ans) : Peut-être qu’il faudrait changer les sujets, qu’on parle moins de politique par exemple.”

Takwa Ben Halima (Membre du 25-21 Project, 18 ans) : “Honnêtement, je suis un peu désespérée de nos médias… En Tunisie, on ne trouve que les vraies informations sur Facebook. Nos chaînes nationales diffusent des mensonges, tout est caché.”

Henri Dumont (Bénévole à l’ONG Enactus, 25 ans) : “S’informer via la télévision c’est dépassé. Il faudrait une application mobile qui envoie des notifications en fonction de préférences qu’on aurait donné auparavant.”

Dorra Moalla (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : “À la télévision, on ne trouve que des sujets politiques, des crises, ce qui est négatif… Sur internet on peut trouver des opportunités, des choses qui pourront être utiles à tout le monde. Il faudrait que les médias parlent plus de ce qui touche les jeunes.”

Ismaël Damak (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : “Je pense qu’il faut cibler les jeunes. La télévision n’a pas évolué, elle ne touche plus les jeunes. Maintenant, ils sont touchés par les réseaux sociaux.”

Farès Amri (Bénévole à l’ONG Enactus, 23 ans) : Il faut travailler sur les sujets qui intéressent les jeunes : la musique ou les blogueurs par exemple. En Tunisie, la politique c’est quelque chose de fou. C’est quelque chose d’impossible à comprendre, on ne peut pas en discuter. C’est réservé aux présidents, aux ministres… À ceux qui s’intéressent à la politique.”

Elise Pontoizeau

Sur Facebook, les Tunisiens se sont appropriés l’information

Facebook a assurément accéléré le processus de démocratie en Tunisie. Désormais, les locaux sont moins craintifs, et n’hésitent plus à faire valoir leurs libertés.

Depuis la révolution de Jasmin en 2011, le peuple tunisien a décidé de participer de lui-même à l’information. Pour cela, Facebook s’est révélé être leur meilleur allié possible. Et aujourd’hui encore, le réseau social reste incontournable dans la société.

La Tunisie est le deuxième plus grand pays africain utilisateur de Facebook. Avec plus de 55% de la population connectée au réseau social et 6,5 millions d’utilisateurs (selon Medianet Labs), la plateforme est aujourd’hui incontournable dans le quotidien des Tunisiens. Pourtant, quelques mois après la révolution en 2012, ce chiffre plafonnait à seulement 3 millions d’utilisateurs. Comment expliquer alors l’évolution exponentielle des utilisateurs depuis 2012 ? Pour Fatma Star, blogueuse et étudiante au lycée Pierre-Mendès-France au moment des événements de janvier 2011, « la plateforme a permis aux Tunisiens de faire grandir leurs libertés ».

Aujourd’hui encore, beaucoup l’assurent : les manifestations de 2011 n’auraient sans doute pas eu la même ampleur sans les médias sociaux. « Ils ont aidé à mobiliser les foules, à les pousser à surmonter leurs peurs », déclare Mokhtar Ben Henda, maître de conférence en technique de l’information et de la communication spécialisé sur le monde arabe. Romain Lecomte, docteur en sciences politiques et sociales à Liège, souligne lui aussi l’importance qu’a pu avoir Internet, et Facebook en particulier, lors de ces mois de révolte. « La plateforme a été très largement utilisée en Tunisie, pour contrer la censure du gouvernement et la propagande des anciens médias », décrypte-t-il.

« Le média tunisien le plus consulté, c’est Facebook »

Mais pour les Tunisiens, le succès du mouvement en 2011 n’a pas freiné l’élan pour autant. Au sortir de la période de révolution, le peuple n’a pas arrêté de faire valoir ce qu’il avait à revendiquer, là encore par la voie des réseaux sociaux. «  Les Tunisiens aiment beaucoup l’interaction. Les réseaux sociaux offrent cette possibilité de commenter, de discuter et de débattre autour de l’actualité, et c’est pour cela que le nombre d’utilisateurs grandit encore », assure Souhaieb Khayati, de Reporters sans Frontières.

Sept ans plus tard, le pays est donc l’un des plus influents d’Afrique sur les réseaux sociaux, et les médias se doivent de s’adapter à ce public particulier. Larbi Chouikha, professeur à l’Institut de presse et des sciences de l’information, en est conscient. « Aujourd’hui, le média tunisien le plus consulté, c’est Facebook et de loin. Les médias traditionnels n’ont donc pas la même manière d’écrire qu’il y’a huit ans, et le partage des articles sur les réseaux sociaux devient très important dans le processus d’écriture. » Sept ans après la chute de Ben Ali, les Tunisiens sont donc plus actifs que jamais sur les réseaux sociaux. Preuve que la démocratie doit beaucoup à ces nouveaux médias.

Hugo Girard

“Le vote populiste en Italie montre que les journalistes ne sont pas assez écoutés”

Alessandra Coppola était présente, vendredi soir, au débat “Médias et migrants, quel regard de chaque côté de la Méditerannée?” des Assises de Tunis. Photo : Tiffany Fillon

Invitée vendredi du débat “Médias et migrants, quel regard de chaque côté de la Méditerranée ?”, la reporter italienne Alessandra Coppola explique à quel point l’arrivée d’un gouvernement anti-immigration en Italie a modifié la manière dont les grands journaux italiens traitent la question migratoire.

 

Alors que, depuis le 31 mai dernier, un gouvernement hostile à la migration dirige l’Italie, avez-vous l’impression d’être utile en tant que journaliste?

Je vis dans un moment de frustration. J’ai impression que ce que les journalistes ont fait pendant toutes ces années n’a pas été utile. Un récent sondage d’opinion a montré que seul 30 % des Italiens savent qu’il y a environ 8% d’étrangers dans leur pays. Les 70% restants surestiment cette proportion. En réalité, il y a plus d’Italiens qui partent à l’étranger que de personnes qui viennent en Italie. Je l’ai écrit, j’en ai parlé dans des débats, j’ai donné des cours dans des écoles pour rétablir la vérité. Le vote populiste en Italie montre que les journalistes ne sont pas assez écoutés.

Depuis sa création en 1876, le journal pour lequel vous travaillez, le Corriere della Sera, a souvent penché du côté du gouvernement. Aujourd’hui, les points de vue de ses journalistes sur l’immigration se distinguent-ils des prises de position du gouvernement italien ?

Notre journal n’est pas idéologique, il propose des opinions plurielles pour que tout le monde s’y retrouve. Le problème, c’est que les populistes ont réussi à faire croire des choses fausses sur l’immigration aux Italiens, en leur faisant peur. C’est à nous, journalistes, de faire un travail rigoureux et indépendant pour décrypter les informations véhiculées par les hommes politiques, notamment sur les réseaux sociaux. Mais, c’est un travail compliqué. Ces discours conviennent aux citoyens qui veulent d’abord lire et écouter ce qu’ils savent et pensent déjà. Le sujet est vraiment pris en otage par le débat politique.

“Je me sens ignorée. J’ai beau écrire des choses, les hommes politiques et les citoyens ne réagissent plus”

Ce gouvernement, très hostile à l’arrivée de réfugiés dans le pays, vous empêche-t-il de traiter la question migratoire en tant que journaliste spécialiste de ce sujet ?

Non, car, j’ai toujours mes sources pour obtenir les chiffres du gouvernement, par exemple, sur les derniers débarquements de migrants. Je ne suis pas non plus censurée par mon journal. Le problème majeur concerne la réception de mes articles. Je me sens ignorée. J’ai beau écrire des choses, les hommes politiques et les citoyens ne réagissent plus.

Quand je suis allée au Liban, j’ai écrit un article sur une famille qui vivait dans la misère et qui n’avait pas tous ses papiers. L’article a sûrement joué un rôle car elle est arrivée une semaine après en Italie. C’est plus difficile maintenant de faire bouger les choses. Et la propagande de l’État n’arrange rien. Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur, vient de recevoir des réfugiés qui sont arrivés en Italie à travers le Niger grâce à l’ONU. Il manipule l’opinion en affirmant désormais qu’il n’est pas contre les réfugiés mais contre les migrants irréguliers.

Les choses ne sont donc pas amenées à évoluer…

Vu la tournure des événements, je pense, qu’à l’avenir, l’Italie va régulariser massivement des migrants. Le gouvernement va pouvoir dire qu’il a réduit le nombre de migrants et trouvé des solutions pour régler cette problématique. Nous, les journalistes, allons devoir traiter ce changement de politique. Autant dire que j’ai encore beaucoup de travail.

Propos recueillis par Tiffany Fillon et Romain Pichon


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Traitement des migrations : la grande confusion

« Si un journaliste se sent menacé, il peut envoyer ses informations à Forbidden stories, nous les sécuriserons »

En Afrique, les zones reculées face au défi de l’information

La radio est le média le plus populaire en Afrique. Il existe énormément de radio locales, leur diffusion ne dépasse pas 50 kilomètres à la ronde. (Crédit photo : Pixabay, jkebbie)

Sur le continent africain subsistent encore des régions reculées, sans accès à internet voire à l’électricité. La radio est alors la seule manière de s’informer pour les populations. Mais elle est elle-même confrontée à des difficultés.

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[LE RÉSUMÉ] « Soirée débat : médias et migrants »

Des journalistes, parfois exilés, racontent leur vision des relations entre les médias et les migrants. Photo : Malvina Raud

Retrouvez l’essentiel de la soirée débat « Médias et migrants ».

Animé par Pierre Haski, président de Reporters sans frontières (RSF), avec Madiambal Diagne, président de l’UPF Internationale, Muaoya Hamoud, journaliste citoyen syrien et photographe du documentaire : « Les réfugiés de Saint-Jouin », Amara Makhoul, rédactrice en chef adjointe à France 24 en charge du projet InfoMigrants, Elyse Ngabire, journaliste burundaise de la Maison des journalistes. (suite…)

[LE RÉSUMÉ]  « Maltraitance médiatique des quartiers populaires : clichés et réalités »

Maltraitance médiatique des quartiers populaires : clichés et réalités

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Maltraitance médiatique des quartiers populaires : clichés et réalités »

Animé par John-Paul Lepers, avec Ariane Chemin journaliste au Monde et co-auteure de La Communauté ; Nassira El Moaddem, journaliste directrice du Bondy Blog ; Élodie Hervé, journaliste indépendante en résidence à l’EPJT ; Fabienne KELLER, sénatrice du Bas-Rhin (Agir – La droite constructive), vice-présidente du Conseil national des villes ; Édouard Zambeaux, journaliste documentariste spécialiste des questions urbaines et sociales et réalisateur du documentaire « Un jour, ça ira » .

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[LE RÉSUMÉ] « EMI : quelles propositions dans les médiathèques et les bibliothèques ? »

Retrouvez l’essentiel de la conférence : « EMI quelles propositions pour les médiathèques et les bibliothèques podcast »

Animé par Emmanuelle Daviet, journaliste à France Inter, déléguée à l’Éducation aux médias, à la Diversité et à l’Égalité des chances et responsable du dispositif « InterClass’ ». Avec Marie Berne, responsable de l’action culturelle à la Médiathèque de Jaude, Clermont Auvergne Métropole ; Noëlle Drognat-Landret, directrice des départements de la Part-Dieu, Bibliothèque municipale de Lyon ; Didier Jelen, assistant de conservation à la Médiathèque de Melun ; Yolaine Jouanneaux, responsable de la lecture publique et des enseignements artistiques de la Ville de Tremblay-en-France ;Dr. Aralynn McMane, fondatrice de World Youth & News Media Alliance ; Céline Meneghin, conservatrice des bibliothèques, directrice adjointe à la lecture publique du Loir-et-Cher ; Martin PIERRE, journaliste et créateur d’Educ’Média Info ; Ludovic Touchard, animateur-formateur de l’association ADEIFvidéo.

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Indépendance : pour quoi faire ?

« Notre indépendance repose sur trois piliers, elle est financière, commerciale et éditoriale. »

De plus en plus de médias se revendiquent indépendants, mais tous n’en ont pas la même définition. De qui est-on vraiment indépendant ? La liberté éditoriale est-elle liée à l’indépendance financière ? La relation avec le public est-elle différente ?

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[LE RÉSUMÉ] :
« Francophonie : S’informer dans dix ans en Afrique »

Découvrez l’essentiel de la conférence « Francophonie : S’informer dans dix ans en Afrique ».

La radio est le média roi en Afrique. Photo : Martin Esposito

 

Animé par Jean Kouchner, secrétaire général de l’union internationale de la presse francophone (UPF). Avec Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour (Cameroun) et Président de la fédération des éditeurs de presse du Cameroun, Cécile Mégie, directrice de RFI, Sana Sbouai, journaliste et cofondratice d’Inkyfada (Maroc).

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